05 novembre 2009
Brothers, de Yu Hua
Ces derniers temps, j'ai lu "Brothers" de Yu Hua. Le livre a eu un énorme succès ici (un million d'exemplaires) et trace le destin de deux frères (de coeur) au long des 40 dernières années, de la Révolution (anti)culturelle à l'avènement d'un capitalisme débridé, la construction d'immeubles à tout va, le cynisme, les arnaques et contrefaçons diverses. Une grande société schizophrène et grotesque.

Malheureusement, j'ai été déçu : le livre est ennuyeux, les personnages sont faux, les situations invraisemblables et d'un humour assez lourd. Pourquoi ce succès ? Sans doute à cause du sujet, peu évoqué jusqu'à présent, à la crudité, aux scènes de sexe (très mauvaises d'ailleurs). Seule la partie sur la Révolution Culturelle (le début) est à sauver. Les frères sont enfants, et traversent cette période ahurissante de violence, de cruauté, de bêtise, émaillée de citations de Mao à qui on fait dire tout et n'importe quoi.
09 octobre 2009
L'Autel aux dieux du sol et des céréales
L'autel Shejitan est situé dans le parc Sun YatSen à Pékin, ou Zhongshan park (nom mandarin de Sun YatSen), à gauche de la Cité Interdite, selon les principes du livre des Rites : les ancêtres à gauche, l'Etat (sic) à droite. Il a été érigé en 1420, 18ème année du règne de l'empereur Yongle. Bien peu de touristes font attention à cet autel, et pour cause, puisqu'on est dans la symbolique chinoise la plus classique, et que le classique, par définition, est passé de mode.
On y retrouve les 5 éléments : terre noir au nord, rouge au sud, blanche à l'est, bleu-verte à l'ouest et jaune au centre. Il existe quatre autres autels dans la capitale, correspondant au 4 points cardinaux. A signaler que Sun YatSen est donc considéré comme un ancêtre de la République, son portrait faisant d'ailleurs face à celui de Mao ZeDong sur la place Tian An men.


Au centre, une pierre carrée, la Terre, qui évolue peu à peu vers un cercle, le Ciel. Et un homme en prière.
01 octobre 2009
Un dresseur de singes distribuait des glands en leur disant qu'ils en auraient trois le matin et quatre le soir. Les singes explosèrent de colère. Le dresseur dit alors qu'ils en auraient quatre le matin et trois le soir. Les singes explosèrent de joie.
(Zhuangzi)
29 septembre 2009
Du pot
De belles poteries d'inspiration sino-japonaise réalisées par Jean-Dominique Alves.

18 septembre 2009
Wu wei
"Dans certaines circonstances, ne rien faire, c'est déjà faire quelque chose."
Ecole San Yi Quan
08 septembre 2009
Un haut savoir synthétise, un bas savoir analyse. Une grande parole éclaire, une petite parole pinaille.
(Zhuangzi)
01 août 2009
Nuit obscure
Un poème de Juan de Yepes, plus connu sous le nom de Jean de la Croix.
1. Par une nuit obscure,
enflammée d'un amour plein d'ardeur,
ô l'heureuse aventure,
j'allai sans être vue
hors de ma maison apaisée.
2. Dans l'obscur et très sûre,
par l'échelle secrète, déguisée,
ô l'heureuse aventure,
dans l'obscur, en cachette,
ma maison désormais apaisée.
3. Dans cette nuit heureuse,
en secret, car nul ne me voyait,
ni moi ne voyais rien,
sans autre lueur ni guide
sinon celle qui en mon cœur brûlait.
4. Celle-ci me guidait,
plus sûre que celle de midi
au lieu où m'attendait,
moi, je savais bien qui,
à un endroit où nul ne paraissait.
5. Ô nuit qui a conduit,
ô nuit plus aimable que l'aurore,
ô nuit qui a uni
l'ami avec l'aimée,
l'aimée en son ami transformée.
6. Contre mon sein fleuri
qui entier, pour lui seul, se gardait,
il resta endormi,
moi je le caressais
et l'éventail des cèdres l'éventait.
7. L'air venant du créneau,
quand mes doigts caressaient ses cheveux,
avec sa main légère
à mon cou me blessait
et tenait en suspens tous mes sens.
8. En paix je m'oubliai,
le visage penché sur l'ami.
Tout cessa, je cédai,
délaissant mon souci,
parmi les fleurs de lis oublié.

1. En una noche escura
con ansias en amores inflamada
¡o dichosa ventura!
salí sin ser notada
estando ya mi casa sosegada.
2. ascuras y segura
por la secreta escala, disfraçada,
¡o dichosa ventura!
a escuras y en celada
estando ya mi casa sosegada.
3. En la noche dichosa
en secreto que naide me veýa,
ni yo mirava cosa
sin otra luz y guía
sino la que en el coraçón ardía.
4. Aquésta me guiava
más cierto que la luz de mediodía
adonde me esperava
quien yo bien me savía
en parte donde naide parecía.
5. ¡O noche, que guiaste!
¡O noche amable más que la alborada!
¡oh noche que juntaste
amado con amada,
amada en el amado transformada!
6. En mi pecho florido,
que entero para él solo se guardaba
allí quedó dormido
y yo le regalaba
y el ventalle de cedros ayre daba.
7. El ayre de la almena
quando yo sus cavellos esparcía
con su mano serena
en mi cuello hería
y todos mis sentidos suspendía.
8. Quedéme y olbidéme
el rostro recliné sobre el amado;
cessó todo, y dexéme
dexando mi cuydado
entre las açucenas olbidado.
Poema Canciones De El Alma Que Se Goza De Aver Llegado Al Alto Estado De La Perfectión, Que Es La Unión Con Dios, Por El Camino De La Negación Espiritualde San Juan de la Cruz.
Chansons de l'âme qui se réjouit d'avoir atteint le haut état de perfection qui est l'union avec Dieu par le chemin de la négation spirituelle.